Le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), a publié un nouveau rapport, lundi, qui stipule que : « investir 2 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial dans dix secteurs clés permettrait de mettre en œuvre la transition vers une économie verte caractérisée par de faibles émissions de carbone et l'utilisation efficace des ressources ».
Le nouveau rapport a été présenté à l'occasion du conseil d'administration du PNUE, organisé cette semaine à Nairobi et réunissant une centaine de ministres de l'Environnement. Il vise à donner les éléments clés d'une économie verte alliant la préservation des ressources naturelles et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la lutte contre la pauvreté.
Selon le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner : « Les nations ont repris le chemin de Rio, mais dans un monde très différent de celui de 1992 (…) L'épuisement rapide des ressources naturelles et l'accélération du changement environnemental, depuis la perte des récifs coralliens et des forêts jusqu'à la pénurie croissante de terres productives, la nécessité urgente de nourrir les populations et d'alimenter les économies nationales en combustibles et en carburant et les impacts probables d'un changement climatique non maîtrisé constituent la toile de fond de Rio 2012 ».
 |
Selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), « investir 2 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial dans dix secteurs clés permettrait de mettre en œuvre la transition vers une économie verte caractérisée par de faibles émissions de carbone et l'utilisation efficace des ressources ». |
Soutenu par des politiques nationales et internationales soucieuses de l'avenir, cet investissement (environ 1,3 mille milliards de dollars par an en moyenne sur la base des chiffres actuels) permettrait à l'économie mondiale de connaître un taux de croissance à peu près égal, si ce n'est supérieur, aux prédictions des modèles économiques en vigueur.
Mais sans aggraver les risques, les chocs, les pénuries et les crises de plus en plus inhérents à l'économie « brune » existante, responsable de l'épuisement des ressources et du niveau élevé des émissions de carbone.
« L'économie verte présentée et illustrée dans le rapport du PNUE se veut une évaluation ciblée et pragmatique des premiers pas des pays, des communautés et des entreprises vers un schéma plus durable de consommation et de production. Ancré dans les principes de développement durable convenus à Rio en 1992, ce document reconnaît que les signaux fondamentaux qui pilotent nos économies doivent évoluer en termes de politiques publiques et de réponses des marchés », a poursuivi Mr Steiner.
Avec ce rapport, le PNUE entend mettre un terme au mythe selon lequel croissance économique et sauvegarde de l'environnement ne peuvent être associées. « Avec 2,5 milliards de personnes vivant avec moins de 2 dollars par jour et plus de 2 milliards de personnes qui s'ajouteront à la population mondiale d'ici 2050, nous devons continuer à faire croître nos économies (…) Mais ce développement ne peut se faire au détriment des systèmes garantissant la vie sur terre, dans les océans ou dans notre atmosphère et qui soutiennent nos économies», a souligné Achim Steiner.
Toujours selon le rapport, l'établissement d'une économie verte est pertinente non seulement pour les économies plus développées mais elle constitue également un catalyseur essentiel de croissance et d'éradication de la pauvreté dans les pays en développement, où près de 90 % du PIB généré par les populations pauvres dépendent de la nature ou du capital naturel tel que les forêts et l'eau douce.
En guise d’exemple, Le document cite l'Inde dont le National Rural Employment Guarantee Act, un programme assurant au moins 100 jours de travail rémunéré aux ménages ruraux, investit plus de 80 % des 8 milliards de sa dotation dans des activités liées à la conservation de l'eau, l'irrigation et le développement foncier.
Selon le PNUE, ce programme a généré trois milliards de jours de travail dont ont profité près de 60 millions de ménages.
Le Cambodge, l'Indonésie, les Philippines et le Vietnam perdent aujourd'hui 2 % de leur PIB combiné du fait des maladies d'origine hydrique dues à la mauvaise qualité de l'assainissement. Des politiques réorientant plus de 0,1 % du PIB mondial par an pourraient contribuer à résoudre les problèmes d'assainissement et préserver l'eau douce grâce à une réduction de la demande en eau d'un cinquième par rapport aux estimations d'ici 2050, peut on lire dans un communiqué de presse.
À l'heure actuelle, entre 1 et 2 % du PIB mondial sont consacrés à diverses subventions qui perpétuent souvent l'utilisation non durable des ressources dans des domaines tels que les combustibles fossiles, l'agriculture (y compris les subventions aux pesticides), l'eau et la pêche.
« Comment conserver l'empreinte écologique de l'humanité dans des limites supportables par la planète ? L'économie verte constitue un volet essentiel de la réponse. Son but est d'établir un lien entre impératifs environnementaux pour changer le cours des résultats économiques et sociaux, particulièrement en termes de développement économique, d'emploi et d'équité », a conclu Mr Steiner.