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Cleantechs, un marché révolutionnaire en marche ? 

Cleantechs, un marché révolutionnaire en marche ?Cleantechs, un marché révolutionnaire en marche ?
Cleantechs, un marché révolutionnaire en marche ? Le marché des Cleantechs, en matière de croissance et de potentiel qu’elles affichent pour les années à venir, pourrait atteindre les 1 300 milliards d’euros en 2017 !

La société de conseil ALCIMED nous a proposé une lecture du marché des Cleantechs, des tendances qui animent sa croissance et du potentiel qu’elles affichent pour les années à venir, avec un marché qui pourrait atteindre les 1 300 milliards d’euros en 2017 !

 

Le marché mondial des Cleantechs est, en 2008, estimé par le MRG (Multimedia Research Group) à 220 milliards d’euros. Il pourrait s’élever à 1 300 milliards d’euros en 2017, soit une croissance de l’ordre de +18% par an sur les neuf prochaines années. Ce marché regroupe des sociétés dont les produits, services et procédés utilisent une technologie innovante et compétitive et la mettent au service de la préservation de l’environnement.



Le terme Cleantech se traduit par « technologies propres ». Parmi les équivalents français aux Cleantechs, on trouve les termes éco-activités innovantes, éco-innovations, éco-technologies et ecotechs. Cleantech est un terme utilisé qui désigne donc les techniques et les services industriels qui utilisent les ressources naturelles, l’énergie, l’eau, les matières premières, …

 

Le marché des Cleantechs, en matière de croissance et de potentiel qu’elles affichent pour les années à venir, pourrait atteindre les 1 300 milliards d’euros en 2017 !

 

Pour être considéré Cleantech, un produit/service/procédé doit donc : Optimiser l’utilisation des ressources naturelles et minimiser la génération de déchets en offrant une alternative plus propre que des produits et services traditionnels ; Se baser sur une technologie ou une application innovante ; Engendrer un gain économique.

 

La croissance du marché Cleantech concerne principalement 10 secteurs d’activité qui peuvent être scindés en 2 catégories :

 

5 secteurs où les Cleantechs créent de la valeur et ouvrent de nouveaux marchés :

 

1.    En premier lieu, l’énergie (production, stockage, infrastructures et rendement) avec les énergies renouvelables (solaire, éolien) et les biocarburants qui sont les deux champs d’innovation au potentiel le plus prometteur.

 

Le secteur énergétique est en effet estimé par MRG en 2017 à plus de 362 milliards d’euros près d’un des estimations 2017, contre 80 milliards d’euros en 2008. Cette croissance est tout portée par les marchés de l’éolien et du photovoltaïque. Les technologies de récupération, de stockage et de distribution de l’énergie solaire pèseraient 28 milliards d’euros, celles de l’hydraulique 20 milliards d’euros et enfin les technologies de haute qualité énergétique (transport, stockage) 15 milliards d’euros.

 

« Ce secteur sera très certainement celui des 10 qui connaîtra la plus forte progression. Les Cleantechs devraient y ouvrir de nouveaux marchés qui vont venir s’ajouter à ceux de la production d’énergie issue de ressources fossiles », commente Jean-Philippe Tridant Bel, Directeur de l’activité Chimie et Matériaux d’Alcimed.

 

2.    La qualité de l’air : la photocatalyse est l’une des technologies les plus remarquables en matière de préservation de la qualité de l’air. Elle n’a cessé depuis 1996 de gagner en importance et représente déjà un chiffre d’affaires monde d’1 milliard d’euros.

 

3.    L’agriculture et l’agroalimentaire, où les Cleantechs font émerger des solutions nouvelles pour répondre à la forte augmentation de la demande en denrées alimentaires. Cette augmentation trouve son origine dans l’occidentalisation des niveaux de vie et modes de consommation des pays émergents.

 

4.    Les technologies de l’information qui vont évoluer, voire se réinventer, pour prendre en compte le besoin impérieux de réduire notre consommation en énergie.

 

5.    Les outils d’applications (ou « technologies habilitantes » / de l’anglais « enabling technologies ») qui sont les procédés ou équipements innovants permettant de franchir des limites technologiques importantes dans la réalisation de projets ou de produits plus performants d’un point de vue environnemental. De manière intrinsèque, ces innovations de rupture viendront ouvrir des marchés inexistants jusqu’alors, comme ce fut le cas avec les composants optiques.

 

5 secteurs où les Cleantechs vont créer de la valeur en substituant des technologies et marchés existants :

 

6.    La gestion et le traitement des eaux, qui est le second secteur le plus prometteur pour le développement des Cleantechs. A titre d’exemple, les seules technologies de traitement des eaux (dont la désalinisation) devrait peser 75 milliards d’euros en 2017 toujours selon le MRG.

 

7.    Les matériaux et les nanotechnologies, qui vont venir se substituer aux matériaux utilisés actuellement. Emballages écologiques, matériaux de construction intelligents ou ’“écoconstruction” plus largement (ou conception de “bâtiments verts”) seront les catalyseurs de l’innovation dans les matériaux. En France, les peintures en phase aqueuse ou en poudre continue de remplacer massivement les peintures en phase solvant, limitant l’émission de Composés Organiques Volatiles, hautement polluants. Cette transition a été fortement motivée par une réglementation mise en place en 2000.

 

8.    Les procédés de fabrication industrielle qui avec des outils industriels de précision évitent le “gâchis industriel” et modifieront les marchés existants en améliorant leur performance écologique.

 

9.    Le transport et la logistique, avec les véhicules hybrides, le covoiturage, le travail collaboratif à distance, qui viendront remplacer les technologies et habitudes existantes.

 

10.  La gestion et le recyclage des déchets, des technologies dès aujourd’hui mises en œuvre mais qui améliorent aujourd’hui leur « performance environnementale » sans créer de nouveau marché. Cette dynamique de développement est soutenue par un niveau élevé d’investissements en faveur des Cleantechs.

 

Dès 2006, 42 milliards d’euros étaient investis dans les Cleantechs aux Etats-Unis, 30 milliards d’euros en Europe et 20 milliards d’euros en Asie. À l’origine de ces investissements, on trouve des grands groupes apparentés au secteur de l’automobile, de la distribution électrique, de l’électrotechnique, de la pharmacie et de l’agroalimentaire. Ces industriels ont en commun le fait de consommer beaucoup d’énergie et de matières premières pour produire.

 

« À titre d’exemple, l’Américain General Electrics prévoit d’investir 1,16 milliard d’euros dans des projets de R&D cleantech d’ici 2010. Le groupe pétrolier britannique BP a créé en 2007 un fonds d’investissement de 6,2 milliards d’euros pour le développement d’énergies alternatives. Le constructeur automobile japonais Toyota a consacré 4,65 milliards d’euros en 2006 pour le développement de ses moteurs hybrides et piles à combustible », commente Aline Lapierre consultante au sein de l’activité Chimie et Matériaux d’ALCIMED.

 

Au chapitre de l’investissement en capital-risque, l’année 2008 s’est clôturée sur un montant total de capitaux investis record de 8,4 milliards d’euros, en hausse de 38% par rapport à l’année 2007 (source Cleantechs Group) ! Et cela, malgré un quatrième trimestre 2008 en retrait comparé aux trois premiers.

 

De 1989 à 1991, les sommes atteignaient à peine 775 000 euros ; entre 1999 et 2006, soit 10 ans plus tard, les montants engagés dans le monde dépassaient les 7,75 milliards d’euros.

« Devant l’ampleur du mouvement, la possibilité de voir surgir une “bulle verte” sur ces technologies nouvelles a même été évoquée », rappelle Jean-Philippe Tridant Bel. « Mais différemment de ce qui s’était passé avec Internet au début des années 2000, la valorisation des entreprises Cleantechs s’appuie en partie sur des actifs matériels - et pas seulement sur des potentielles applications d’une technologie. Et l’augmentation du prix de l’énergie et de l’électricité dans les 10 années à venir semblent on ne peut plus probable … »

 

En Europe, la France est 3ème pour les montants investis dans les Cleantechs. Elle arrive juste derrière le Royaume-Uni et l’Allemagne. Les projets et investissements conduits par les grandes entreprises françaises du secteur de l’énergie (Areva, Total, EDF), du traitement des déchets (Veolia, Suez), du transport – qu’il soit automobile, ferroviaire ou aéronautique – constituent un atout majeur pour le développement et la promotion des acteurs français des Cleantechs. Les laboratoires du CEA, de l‘INRIA, de l’IFP et du CNRS sont également catalyseurs de projets innovants et de création de start-up. Une dizaine de pôles de compétitivité se sont également spécialisés sur des applications associées aux Cleantechs parmi lesquels NANCIES (Centre International de l’Eau de Nancy), AXELERA (Rhône-Alpes), Capénergies (régions PACA, Corse, Monaco) ou DERBI (Languedoc-Roussillon). Enfin, au deuxième semestre 2007, une quinzaine de capitaux-risqueurs avait apporté 63 millions d’euros à  27 start-up françaises.

 

« Ces capitaux ont bénéficié avant tout à des entreprises dans les énergies renouvelables dont Valorem, Hydrowatt, Solaire Direct ou encore Wirecom Technologies. Le secteur des Cleantechs est ainsi passé devant celui des télécommunications, mais il reste devancé par la santé et Internet », précise Aline Lapierre.

 

À l’heure de la crise économique, plusieurs facteurs continuent à jouer en faveur de la croissance des Cleantechs. Les 6 C définis par Ron Pernick et Clint Winter dans leur ouvrage The Clean Tech Revolution : The Next Big Growth and Investment Opportunity, HarperCollins, 2007, s’appliquent :

 

  • Le Coût : alors que le coût des énergies fossiles ne devrait cesser d’augmenter, celui des technologies propres diminue régulièrement depuis plusieurs années du fait des avancées technologiques et des économies d’échelle réalisées,
  • Le Capital : les sommes investies dans le secteur par des fonds publics et privés augmentent chaque année. Aux côtés des acteurs gouvernementaux interviennent aujourd’hui des grandes entreprises, des capitaux-risqueurs et autres fonds d’investissement privés,
  • La Compétition : les différents gouvernements sont en concurrence pour dominer ce marché et profiter de l’activité et des emplois générés,
  • La Chine : la demande croissante en ressources et en énergie des pays émergents, Chine et Inde en tête, constitue un facteur de croissance considérable pour les Cleantechs au niveau mondial,
  • Les Consommateurs : le grand public, maintenant plus familier des problématiques de développement durable, devient demandeur d’offres de produits et de services Cleantechs,
  • Le Climat : le changement climatique constaté engendre, à l’échelle internationale, la volonté de réduire rapidement l’utilisation de ressources coûteuses d’un point de vue environnemental.

 

Vient s’ajouter à ces 6 facteurs la réglementation de plus en plus contraignante pour les industriels. On le voit notamment avec les directives posées par le Grenelle de l’environnement en France, la réglementation européenne REACH qui vise à maîtriser le risque liés à l’utilisation des substances chimiques, ou encore les objectifs de réduction d’émission de CO2.

 

« Il serait tentant de relativiser l’optimisme exacerbé sur le boom des Cleantechs et les millions d’emplois que ce secteur va permettre de créer. N’oublions pas en effet qu’en contrepartie, d’autres secteurs plus traditionnels vont disparaître et qu’on attend en 2009 un ralentissement de la croissance mondiale. Néanmoins, les Cleantechs rencontrent une nécessité environnementale partagée, une aspiration au changement naissante et grandissante des populations et une réalité business. Elles contribueront sans aucun doute aux dynamiques économiques nouvelles qui émergeront dans les prochaines années », conclut Jean-Philippe Tridant Bel.



Voir aussi :
 - Création d’emplois verts : l’Aquitaine se classe en tête de liste
 - BIT : niveau record du chômage en 2009

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