Le premier ministre, François Fillon, et le ministre de la défense, Hervé Morin, ont présenté, ce jeudi 24 juillet, le plan de « modernisation de la défense ». Ce plan de modernisation de l’armée française comprend la fermeture de 83 unités et le déménagement de 33 autres. L’armée de Terre en général avec 20 régiments et bataillons supprimés, et l’Est de la France en particulier, payent un lourd tribu à cette phase de modernisation.
Les deux orientations majeures données à la modernisation de la défense sont « celle de lier la sécurité nationale et la défense et celle de renforcer les activités de renseignement. » Les contours de cette nouvelle « carte militaire » comprennent donc la fermeture de 82 unités mais aussi des mesure de compensation qui seront mises en place pour les collectivités concernées.
« Le format des armées sera réduit de 54 000 hommes, civils et militaires. Au terme de la réforme, l’armée de terre comptera 131 000 hommes, l’armée de l’air 50 000, et la marine 44 000. L’armée de terre aura perdu 20 régiments et bataillons, l’armée de l’air 11 bases aériennes avec ou sans plate-forme, et la marine une base aéronavale » a déclaré le premier ministre François Fillon.
Il a ajouté qu’il a manqué « 24 milliards d’euros de crédits d’équipements sur la période 1997-2007 pour réaliser les acquisitions et l’entretien, conformément aux prévisions initiales (…) Les conséquences de ce déséquilibre, nous les connaissons tous : des retards dans le renouvellement des matériels, des restrictions dans le fonctionnement quotidien des armées, et notamment dans leur entraînement. (…) Il est temps d’optimiser les moyens. Je vous parle avec franchise : je préfère une armée resserrée mais parfaitement équipée et entraînée, qu’une armée nombreuse que l’on rationne ! »
Dans ce cadre de refonte de la « carte militaire », le Gouvernement prévoit donc la fermeture ou le déménagement de nombreuses bases militaires sur le territoire français. L’Est de la France est particulièrement touché avec la disparition de la base aérienne 128 de Metz (plus de 2.500 employés), la fermeture du 57ème régiment d'artillerie de Bitche en Moselle (1.138 employés), ou encore celle du 12ème régiment d'artillerie d'Haguenau dans le Bas-Rhin (664 employés).
Le maire de Dieuze, en Moselle, avait menacé de démissionner si le 13e régiment de dragons parachutistes devait quitter cette ville de 3.600 habitants. Le gouvernement a tranché, le 13e RDP quittera Dieuze pour Martignas-sur-Jalle, mais est prévue en contre-partie l’implantation d’une école militaire avec un millier de personnes dont deux cent résidents. Le maire UMP de Dieuze qui est certainement à l’origine de cette « généreuse » contre-partie du gouvernement devrait donc continuer à exercer ses fonctions politiques.
Les autres régions ne sont pas épargnées avec la disparition du 601ème régiment de circulation routière d'Arras dans le Pas-de-Calais (730 personnes), et celle de la base aérienne 101 de Toulouse en Midi-Pyrénées (1.485 personnes). Ces restructurations militaires s’étaleront de 2009 à 2012.
Pour venir en aide aux communes concernées par les fermetures ou déménagements de régiments, François Fillon a annoncé une première aide avec une enveloppe de 320 millions d’euros.
Pour le gouvernement, la refonte du système militaire français était devenu nécessaire face aux enjeux liés à la défense nationale qui « se sont profondément modifiés (complexification des conflits, professionnalisation de l’armée). » Le 25 juillet, Hervé Morin présentera le plan de modernisation de la Défense au Conseil supérieur de la fonction militaire (CSFM).