Le secteur des équipementiers automobiles en France devrait subir quelque 9.000 suppressions d'emplois 11/10/2007 10:08 (Par Philippe AUJARD)
Les équipementiers dans la tourmente
Les équipementiers dans la tourmente
Le secteur des équipementiers automobiles en France devrait subir quelque 9.000 suppressions d'emplois d'ici à la fin 2009, dont quelque 4.000 cette année, selon la Fédération des industries des équipements pour véhicules (FIEV). La baisse de l'activité des équipementiers automobiles en France devrait se situer "autour de 3 à 4%" sur l'ensemble de l'année 2007.
Au premier semestre 2007, les ventes des usines françaises d'équipement automobile ont reculé de 4,1% par rapport aux six premiers mois de 2006, totalisant 11,6 milliards d'euros.
Cette même fédération s’annonce plus optimiste pour l’année 2008 arguant la mise sur le marché de nouveaux modèles.
L’activité du secteur automobile, et en particuliers ses équipementiers, continue donc de jouer au yoyo. Rappelons qu’au début des années 90, les équipementiers automobiles étaient en position de force face aux constructeurs. Les choses ont bien changé aujourd’hui.
Le marché automobile était relativement éclaté et les producteurs de pièces détachées conservaient une certaine liberté sur leurs prix. Le mouvement de concentration mondiale a changé la donne. Les constructeurs, pour être présents sur de nombreux marchés dans un contexte de forte concurrence, se sont rapprochés. Ces regroupements ont permis aux constructeurs d'être plus exigeants sur les prix de leurs fournisseurs. En moyenne, 50% des synergies issues des fusions proviennent d'ailleurs des achats.
Les constructeurs ont abandonné le métier d'assembleur et sont devenus des concepteurs de voitures. Ainsi, une part de plus en plus importante des dépenses de R&D et d'étude ont été transférées aux équipementiers. Ceux-ci doivent maintenant fournir des modules complets, développés à leurs frais en grande partie.
De plus, la concurrence s'est intensifiée chez les constructeurs. Cela les pousse à proposer des voitures toujours plus équipées mais sans augmentation du prix. Cette réduction des coûts est donc transférée chez les équipementiers. Cette pression tarifaire a poussé les fournisseurs à mettre en place des systèmes de contrôle des coûts très poussés. Ceux-ci ont donné de très bons résultats. Mais les équipementiers sont amenés à fournir, en permanence, des efforts de réduction de prix . Afin de conserver leurs marges, certains d’entre eux ont été amenés à délocaliser pour abaisser un peu plus les coûts de main d'oeuvre.
La production automobile requiert une concentration géographique. Les équipementiers sont obligés d'aller s'installer où se trouvent des pôles d'assemblage.
L'augmentation des différents modèles pousse les équipementiers à être extrêmement réactifs et à travailler assez souvent sur de petits volumes. Même si la plupart des modèles possèdent la même plate-forme et souvent les mêmes moteurs, certains équipements comme la carrosserie ou des éléments de l'habitacle intérieur doivent être conçus par les équipementiers. Ils sont alors obligés d'engager des dépenses supplémentaires pour réaliser ces pièces spécifiques. Ce surcoût pèse sur les marges puisque les fournisseurs ne peuvent pas le répercuter sur ses prix. Egalement, les petits volumes pénalisent les fournisseurs.