Le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, a annoncé dans une interview accordée à Paris Match parue aujourd’hui, le nombre de suppression d’emplois dans l’enseignement pour la rentrée 2008. Alors que l’on prévoyait jusqu’à 17 000 suppressions possibles de postes dans l’éducation nationale, au final, ce seront 11 200 emplois d’enseignants qui ne seront pas renouvelés à la rentrée scolaire de 2008, pour cause de départs à la retraite.
C’est quelques jours avant la rentrée scolaire que le couperet est tombé pour les enseignants. 11 200 postes de fonctionnaires de l’éducation national ne seront pas remplacés. Les enseignants s’y attendaient, et le chiffre est désormais confirmé. À la rentrée scolaire de 2008, quelque 11 200 départs à la retraite ne seront pas remplacés dans l'Éducation nationale dont 9 800 dans le public et 1 400 dans le privé.
Cette mesure annoncée par Xavier Darcos fait suite de la promesse électorale de Nicolas Sarkozy qui avait demandé le non remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite.
Depuis plusieurs mois, des estimations fournies par Les Échos prévoyaient même un chiffre pouvant atteindre les 17 000 suppressions de poste. Les syndicats d’enseignants s’attendaient à un chiffre compris entre 10 000 et 15 000.
Pour le SNES-FSU, ces suppressions d’emploi sont « en nombre inégalé. » Le détail des informations concernant les suppressions d’emplois envisagées pour le budget 2008 au Ministère de l’Education Nationale commence à être connu.
11.200 emplois seront supprimés, « ce qui est sans précédent. » « C’est le second degré qui est touché de plein fouet. La ponction sera de 9.170 emplois dont 8.770 chez les personnels d’enseignement et d’éducation des collèges et des lycées » estime ce syndicat d’enseignants.
« Aucune évolution des effectifs d’élèves ne justifie une telle saignée. La diminution des effectifs prévue par le Ministère dans le second degré (20.000) et du même ordre que celle de la rentrée 2007 (19.000). Ce projet prévoit donc, en moyenne, un poste d’enseignant ou de personnel d’éducation en moins pour 2,3 élèves en moins. »
« Personne ne peut raisonnablement défendre qu’une telle ponction ne peut être sans conséquence sur l’offre de formation » ajoute le syndicat SNES-FSU.
« Ce sont donc les conditions d’enseignement et d’étude qui vont se dégrader : diminution du nombre d’heures d’enseignement, pas seulement par la réduction des options déjà largement utilisée ces dernières années, augmentation des effectifs par classe vont creuser encore les inégalités et aggraver les difficultés scolaires. A cela s’ajoutera la détérioration des possibilités de remplacement des enseignants. »
« La transformation d’emplois en heures supplémentaires ne doit pas faire illusion : celles qui existent aujourd’hui ne sont pas toutes utilisées, en particulier à cause de la dégradation des conditions d’exercice du métier enseignant. Il y a toutes les chances que ces moyens disparaissent de fait des établissements. »
« Face à un projet qui ne peut être vécu que comme une véritable agression contre l’Education Nationale, le SNES contribuera à construire avec détermination une réponse la plus unitaire possible, associant les personnels et les parents d’élèves. C’est dans ce cadre qu’une première rencontre est prévue avant la rentrée » conclu le SNES-FSU.