Franchise médicale, « qui ne peut payer 4 euros par mois ? » s’est interrogé Roselyne Bachelot dans le quotidien Sud Ouest. La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé que la mise en place de franchise médicale voulue par le chef de l'Etat Nicolas Sarkozy « représentera au pis 4 euros par mois », dans un entretien publié dans le quotidien Sud Ouest.
Roselyne Bachelot a précisé que ces franchises médicales « servent à financer les trois priorités du président de la République (sui sont) le plan Alzheimer, la lutte contre le cancer et les soins palliatifs. » « Quelle est la personne qui ne peut pas payer 4 euros par mois sur des objectifs aussi importants ? » s’est interrogée la ministre de la santé.
D’après les statistiques de l’Insee sur les salaires nets moyens en 2004, une femme ouvrier gagne, en moyenne, 1.165 euros par mois. Pour les ouvriers non qualifiés le salaire moyen est de 960 euros net/mois.
Alors évidemment 4 euros par mois de plus de franchise médicale, un euro de plus par mois pour EDF, …, et ce n’est, semble t-il, pas prêt de s’arrêter à l’approche de la rentrée, qui ne peut pas payer plus pour le financement de la sécurité sociale ? Rappelons que 3,5 millions de ménages français viennent de se voir refuser le « cadeau » fiscale avec la déduction plafonnée d’un crédit immobilier en cours, mesure promise par Nicolas Sarkozy lors de la présidentielle de 2007.
Nicolas Sarkozy avait annoncé fin juillet qu'à compter de 2008, les assurés sociaux devraient s'acquitter, dans la limite de 50 euros par an, d'une franchise de 50 centimes par boîte de médicament, de 50 centimes par acte paramédical, et de deux euros par transport en ambulance, annonce qui avait soulevé de nombreuses critiques de la part des confédérations syndicales et des partis politiques de l’opposition.
Ainsi, la Cgt et le Collectif de lutte contre les franchises et pour l’accès aux soins pour tous considèrent « que la mise en place des franchises constituerait un nouveau recul du niveau des remboursements de la Sécurité sociale et un risque réel de remise en cause de ses principes actuels de solidarité. » « Toutes deux considèrent que la mise en place des franchises constituerait un nouveau recul du niveau des remboursements de la Sécurité sociale et un risque réel de remise en cause de ses principes actuels de solidarité. »
Pour FO, « toute franchise, quelle qu’elle soit, vise avant tout à laisser à la charge des assurés sociaux des dépenses de santé. C’est déjà le cas avec le ticket modérateur, le 1 euro, le forfait hospitalier et le 18 euros. » Pour Force ouvrière, l’annonce des franchises médicales « visant à affecter les économies attendues (850 millions) à la recherche sur certaines maladies, dont la maladie d’Alzheimer, relève surtout de la communication. »
Pour le Parti Socialiste, « Ces franchises seront de 50 euros par an et par assuré. Ces mesures se placent dans la continuité de celles prises par les gouvernements Raffarin et Villepin qui avaient déjà diminué les remboursements des consultations médicales et relevé le forfait hospitalier. » « Cette annonce est choquante. Elle intervient au moment où le gouvernement vient de faire voter 13 milliards de cadeaux fiscaux pour une poignée de privilégiés. Elle utilise la compassion en direction des malades du cancer ou d’Alzheimer pour justifier une mesure impopulaire destinée à combler pour partie les conséquences de la politique de la droite en matière de protection sociale. »