D'après l'OIT, d'ici 2015, le nombre de travailleurs augmentera de plus de 200 millions dans les pays d'Asie et du Pacifique. Davantage d’emplois de « qualité » sont nécessaires pour réduire la pauvreté et maintenir la croissance, selon l'Organisation internationale du travail (OIT) qui est l'agence tripartite de l'ONU rassemblant gouvernements, employeurs et travailleurs de ses Etats membres dans une action commune pour promouvoir le travail décent à travers le monde.
D'après l'OIT, d'ici 2015, le nombre de travailleurs augmentera de plus de 200 millions dans les pays d'Asie et du Pacifique, dont la Chine. Le nombre de travailleurs en Asie et en Chine devrait croître de plus de 200 millions d’ici 2015. Avec ses près de 1,8 milliards de travailleurs, la région Asie dispose dès déjà d’une main-d’œuvre abondante. Cette situation risque, ainsi, de soulever de nouveaux défis politiques aux économies en pleine croissance de l’Asie. Tels sont les conclusions du dernier rapport de l’OIT, Visions for Asia’s Decent Work Decade: Sustainable Growth and Jobs to 2015 Note .
D’après ce Rapport de l’OIT, la croissance économique asiatique ne suffira pas à créer les emplois nécessaires pour résorber la pauvreté et l’économie informelle massivement répandues en Asie. Le rapport souligne qu’ « il reste encore beaucoup à faire » pour améliorer la qualité des emplois créés et assurer, à l’avenir, une meilleure répartition des bénéfices de la croissance économique dans la région.
« Une chose est sûre : maintenir inchangés nos modes de production n’est pas viable à long terme », a affirmé le Directeur général du BIT, Juan Somavia. « l’Asie enregistre des progrès sans précédent en termes de croissance et de développement. En même temps, la fragilité qui accompagne une pression environnementale accrue, l’insécurité économique, les problèmes de gouvernance et l’inégale répartition des richesses constituent des menaces pour le développement futur de la région ».
Ce rapport sera examiné lors du prochain Forum pour l’emploi en Asie organisé par le BIT à Beijing, qui a ouvert ses portes ce 13 août 2007 et qui durera trois jours. Il s’agit de la plus grande rencontre de hauts représentants des gouvernements, des travailleurs et des employeurs d’une vingtaine de pays d’Asie et du Pacifique à avoir lieu depuis le lancement l’année dernière, à la réunion asienne du BIT, de la Décennie pour le travail décent en Asie.
Le rapport met en avant les principaux facteurs du changement à l’œuvre en Asie – notamment la part de l’Asie dans le PIB mondial qui ne cesse de croître, des tendances démographiques encourageantes, l’augmentation de la consommation et l’augmentation de la productivité des travailleurs – sur lesquels il est possible de s’appuyer pour promouvoir le travail décent et le développement durable.
D’après le rapport, le secteur des services sera la principale source d’emplois et deviendra, d’ici 2015, le principal secteur économique, représentant près de 40,7 pour cent de l’emploi total de la région. La part de l’emploi industriel devrait, pour sa part, augmenter de 23,1 pour cent à 29,4 pour cent, entre 2006 et 2015 ; tandis que la part du secteur agricole devrait diminuer, pendant la même période, de 42,6 pour cent à 29,4 pour cent.
Par ailleurs, le rapport identifie un certain nombre de défis majeurs que la région devra relever ces prochaines années, afin de garantir un développement environnemental et social durable. Le nombre de travailleurs pauvres, vivant avec moins de deux dollars par jour et par personne, a été réduit de près de 123 millions depuis 1996. Pourtant, plus d’un milliard d’individus, soit 61,9 pour cent de la main-d’œuvre de la région, continue à travailler dans le secteur informel, avec peu ou pas de protection sociale, occupant le plus souvent des emplois à faible productivité. Si ce chiffre marque une diminution par rapport aux 67,2 pour cent enregistrés dix ans auparavant, il est peu probable que le secteur informel diminue de façon significative d’ici 2015, précise le rapport.
Parmi d’autres problèmes auxquels la région Asie est confrontée, figurent : le vieillissement de la population : une personne sur dix, voire dans certains pays, une personne sur quatre devrait être âgée de plus de 65 ans d’ici 2015 ; le besoin d’améliorer la qualité de l’emploi et d’assurer parmi les jeunes l’égalité des chances entre les hommes et les femmes ; l’augmentation des migrations : chaque année des millions de travailleurs d’Asie partiront travailler à l’étranger ; l’intensification de l’exode rural vers les villes : la population urbaine devrait augmenter de 350 millions d’ici 2015, tandis que la population rurale ne devrait augmenter que de 15 millions dans le même temps ; la difficulté dans certains pays à voir les salaires progresser au même rythme que la productivité ; l’augmentation des inégalités de revenus entre les travailleurs pauvres et le reste des travailleurs, ainsi qu’entre les travailleurs des villes et ceux des campagnes ; des horaires de travail lourds qui dans beaucoup de pays d’Asie deviennent la règle.
Le rapport avertit également que la croissance et le développement durable en Asie risquent de se voir sérieusement compromis par les dégâts sur l’environnement, la diminution des ressources naturelles et le changement climatique. Le rapport évoque l’« initiative d’emplois verts » du BIT, visant à permettre aux gouvernements, aux employeurs et aux travailleurs de concevoir des outils stratégiques destinés à mettre en place un processus de développement durable et de création d’emplois.
« Faire face aux défis auxquels la région est confrontée, exigera de la perspicacité et une bonne organisation », a déclaré Juan Somavia. « Nous avons tous besoin de travailler ensemble afin que le plus grand nombre ait accès aux bénéfices de la mondialisation et de la croissance économique ».